Exercice de conservation au Musée de l'Empordà, Catalogne, Espagne Réappropriation et fictionnalisation d'histoires liées aux œuvres de la collection du musée
Le Musée de l'Empordà, situé à Figueres au cœur de l'Alt Empordà catalan, conserve un fonds encyclopédique articulant archéologie, sculpture médiévale, peinture baroque et un important ensemble de peinture et sculpture des XIX et XX siècles, avec des œuvres de Sorolla, Casas, Nonell, Tàpies ou Dalí.
C'est dans ce cadre patrimonial que s'inscrit ce projet de médiation culturelle, dont l'objectif est la construction d'une muséologie alternative : un récit parallèle au discours institutionnel du musée, capable de restituer aux œuvres une dimension vivante et subjectivement ancrée.
Le projet repose sur deux fondements théoriques complémentaires. D'une part, la conception benjaminienne de l'histoire, faite d'éclairs et de fragments dans laquelle le passé surgit de manière imprévisible dans le présent. D'autre part, la pensée de Jacques Rancière sur le rôle de la fiction dans l'intelligibilité du réel : la fictionnalisation non comme déformation de l'histoire, mais comme voie nécessaire pour la rendre accessible et signifiante. À partir de ces deux ancres conceptuelles, le projet mobilise la microhistoire, telle que théorisée par Carlo Ginzburg, pour déplacer le regard du grand récit vers les traces infimes et les existences singulières que les œuvres portent en elles.
Le projet a pris la forme d'une courte vidéo réalisée en Flash, simulant une visite imaginaire de la collection et utilisant l'emplacement réel des œuvres sélectionnées dans les salles du musée. Aujourd'hui obsolète en raison de la disparition de la technologie Flash, le projet a pu être ressuscité grâce à l'utilisation d'un émulateur, témoignant ainsi d'une double démarche de conservation : celle des récits liés aux œuvres, et celle du projet numérique lui-même.